L’angoisse de l’absence du like !

Un phénomène auquel personne n’échappe

Le like (ou le j’aime, pour les non-anglophones) a pris peu à peu possession de notre esprit depuis maintenant une bonne décennie. D’abord relégué à la sphère privée, il est depuis longtemps considéré comme incontournable sur les réseaux sociaux, dits professionnels.

Cependant, s’il est extrêmement salutaire lorsqu’il atteint les sommets, il est au contraire considéré comme le diable en personne, si son compteur reste à zéro.

Ce phénomène, j’ai pu l’expérimenter dès la première publication sur mon blog. En effet, après la rédaction de mon article, j’ai dû le relayer sur les réseaux sociaux et c’est là que les choses se sont compliquées. Le jugement que cela allait forcément entrainer était destabilisant. Pourtant, notre société nous encourage fortement à partager nos expériences, prendre position sur des sujets, ou simplement laisser des commentaires amicaux (ou pas). Alors pourquoi ce sentiment d’angoisse face à une éventuelle absence du like ?

La perte du nord à la poursuite du like

En règle générale, les rédacteurs fonctionnent à peu près de la même façon : ils se creusent la cervelle pour essayer de dénicher THE bonne idée sur laquelle ils vont passer quelques temps à écrire. Et force est de constater qu’à l’heure de l’infobésité, surprendre, ou encore attirer l’attention est de plus en plus compliqué. L’information devient obsolète après seulement quelques instants en ligne. Certains se font d’ailleurs un plaisir à mettre en place des tableaux pour nous expliquer que sur tel réseau social, la donnée périmera au bout de 30 minutes (30 minutes !?!). Alors pourquoi prendre la peine de rédiger un texte construit, bien documenté, et sans fautes d’orthographe, si au final, sa durée de vie sera de 30 minutes ? Il est entendu que je durcis un peu le trait, mais tout de même.

La forme n’aurait-elle pas pris le dessus sur le fond ? Sans tomber dans le registre du pathos, avons-nous oublié que nous documenter était avant tout pour découvrir de nouvelles choses ? Et, si je poursuis le raisonnement, le contenu n’a-t-il pas été dénaturé dans le seul but de faire grimper les likes ? Plusieurs interrogations, seulement quelques réponses tangibles et bien entendu, beaucoup d’intuition à ce sujet. Il n’empêche que la ligne directrice d’un article ne devrait pas être sa capacité à plaire, mais bien la diffusion de connaissances.

La normalisation du like : sentiment d’échec ou de toute puissance ?

Cette fameuse « normalité » à laquelle nous aspirons tous, provoque chez certains des sentiments pour le moins équivoques. Selon le nombre de likes (et ce n’est pas à moi d’en définir la quantité), ils se considèrent comme des influenceurs, autrement dit, des personnes dont la parole compte. Par contre, ceux qui en récoltent très peu (toujours selon la « normalité » acceptée) n’ont pas leur mot à dire. Finalement, on pourrait très bien se demander pourquoi je soulève toutes ces questions, car ce qui se passe dans la réalité, a ni plus ni moins été transposé dans la virtualité. Face à un mastodonte, je ne peux pas gagner…

En tout cas, tout le monde se prête au jeu, et très peu ont l’air dérouté par le super pouvoir octroyé à un simple pouce relevé. Cette excellente idée née à la fin des années 2000 a pris une place démesurée dans la vie du plus grand nombre, jusqu’à déterminer la bonne humeur de certains. Et puisqu’il est évident que je ne vais pas révolutionner le monde avec cet article, je décide de me contenter de mes quelques likes dûment gagnés, et ce avec le sourire !

Alors à vos souris, prêts ? LIKEZ !